le corps d’un jeune Israélien kidnappé à Jénine rendu à sa famille



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Plus de 24 heures après avoir été kidnappé à l’hôpital par des Palestiniens, le corps d’un Druze israélien, Tiran Fero, 18 ans, tué dans un accident de voiture mardi 22 novembre à Jénine a été finalement rendu à sa famille. Il a été transféré tôt ce matin, après d’intenses efforts de médiations. Quant à savoir si le jeune Druze est décédé avant ou après l’enlèvement, « il y a tellement de versions, c’est dur de définir exactement ce qui s’est passé là-bas, c’est encore en cours d’investigation », a déclaré à la presse un officier de l’armée israélienne.

Avec notre correspondante à RamallahAlice Froussard

Selon un haut responsable du Fatah, le corps était détenu dans le camp de réfugiés de Jénine, des hommes armés à l’origine de cet enlèvement, pensant que Tiran Fero était un soldat travaillant sous couverture. Après des pourparlers une bonne partie de la nuit, la remise du corps du jeune Druze a été possible après médiation des services de renseignements de l’Autorité palestinienne, pressée de régler l’affaire au plus vite. Des discussions ont eu lieu également dès l’après-midi entre le chef des renseignements palestiniens Majed Faraj et des hauts responsables du Hamas et du Jihad islamique palestinien. 

La crainte de représailles

Israël affirme n’avoir rien négocié, n’avoir donné aucune contrepartie en échange du corps. Yaïr Lapid, Premier ministre israélien, avait au contraire menacé de vives représailles les Palestiniens à l’origine de cet enlèvement, envisageant une action militaire de grande ampleur. Mercredi 23 novembre dans la soirée, près du checkpoint à l’entrée de Jénine, la communauté druze manifestait et menaçait les Palestiniens de vengeance. 

Le groupe revendiquant la responsabilité de cet enlèvement voulait échanger le corps du jeune Druze contre les corps de Palestiniens tués par l’armée et conservés par Israël. Dans les rues de Jénine, une petite poignée d’habitants en ont profité pour défiler mercredi soir avec les photos de leurs proches tués, dont les corps sont toujours retenus – profitant de l’attention pour en demander également la restitution. 

La pratique de la retenue des corps va à l’encontre du droit international

Depuis 2016, 118 corps de Palestiniens n’ont ainsi pas été rendus et plus de 250 ont déjà été enterrés sans autoriser les familles a effectué leurs prières, rites, ou se recueillir – dans ce que les Palestiniens appellent « cimetière des nombres » car aucun nom n’y figure : les morts sont ensevelis et répertoriés à l’aide de numéros. Si la Convention de Genève stipule que les parties à un conflit armé doivent enterrer leurs morts réciproques de manière honorable, le cabinet de sécurité israélien a décidé qu’il était néanmoins possible de retenir les corps de tous les Palestiniens tués ayant été accusés d’avoir organisé des attaques contre des Israéliens.

Selon des sources à Jénine, même si la restitution des corps est un point important, il y avait toutefois peu de soutien local pour ce genre d’enlèvement, les habitants craignant une répression brutale, et « une punition collective », notamment après l’annonce de nouvelles restrictions et de la fermeture des checkpoints de Salem et de Jalameh, à proximité de Jénine. Les checkpoints ont été rouverts ce jeudi 24 novembre, après la restitution du corps.  

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