Deuxième vie pour «De quelques événements sans signification», film marocain longtemps interdit



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De quelques événements sans signification est projeté ce 6 février 2023 à Saint-Denis, en région parisienne, dans le cadre du festival Regards satellites. Une nouvelle occasion de redécouvrir ce film marocain de Mostafa Derkaoui sorti en 1974, désormais considéré comme un joyau du cinéma mondial.

Interdit et censuré durant une trentaine d’années, De quelques événements sans signification, le premier film du Marocain Mostafa Derkaoui, réalisé en 1974, était tombé dans l’oubli. Tout comme son réalisateur, auteur de dix autres films. En 2019, le Festival de Berlin restaure et projette ce film qui, depuis, n’a de cesse d’être montré à travers le monde. Il est considéré comme un joyau du cinéma mondial.

En France, le film est ainsi présenté ce lundi 6 février dans le cadre du festival Regards satellites, qui a lieu au cinéma l’Écran à Saint-Denis, en région parisienne, en partenariat avec le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient.


Un long-métrage avant-gardiste, engagé et libre qui questionne le rôle du cinéma et des artistes face à l’oppression politique. Il n’a rencontré son public qu’une seule fois. C’était à Paris en 1975. « C’est le premier film arabe passé dans ce festival, précise Mostafa Derkaoui au micro de RFI. J’ai eu l’honneur de le voir passer entre deux monuments du cinéma : La Soif du mal, monté par Orson Wells et Vol au-dessus de nid de coucou, de Milos Forman. Et, évidemment, c’est là où je me suis dit : “Dans quelle galère je me suis mis ?” »

Un film jugé « inopportun » à l’époque

Le symbolisme du film ne l’a pas empêché d’être interdit puis invisible pendant longtemps. Il a été jugé « inopportun » à l’époque par le pouvoir en place. Le scénario sans cesse revu et remanié a été considéré par les critiques comme « radical », car allant à l’encontre de schémas narratifs convenus et se questionnant en permanence sur la nature du langage cinématographique.

Dans De quelques événements sans signification, il s’agit de l’histoire d’une équipe de cinéma qui tourne un film et tombe par hasard sur un crime. Équipe qui décide de suivre le criminel, un employé qui tue son patron. « Le garçon qu’on voit au début, descendre d’un bus, voler un vélomoteur et se rendre là où des cinéastes sont en train d’interviewer des gens au sujet du cinéma, c’est à cause d’eux qu’il va être appréhendé par la police et il les traite finalement de collaborateurs : vous êtes le système même contre lequel vous voulez lutter », décrypte Mostafa Derkaoui.

Mostafa Derkaoui trouvait ses références dans le théâtre, la musique et la philosophie, loin des codes connus et des sentiers battus.

Sophie Delvallé, réalisatrice d’un documentaire sur Mustapha Derkaoui: «J’ai toujours admiré son cinéma.»



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